Resident Evil Requiem : LE TEST | 27/02/2026 à 11:22
Resident Evil Requiem : Au-delà d’un épisode numéroté, une œuvre singulière et magistrale
Resident Evil Requiem, le 9e opus numéroté de la saga Resident Evil, annoncé lors de la Summer Game Fest l’année dernière, est enfin là ! Au bout d’une interminable attente qui en aura décontenancé plus d’un avec la communication cloisonnée de Capcom au fil des mois mais diablement maitrisée, une démo essorée sur tous les salons du monde mais pas dans le vôtre, rarement un Resident Evil n’aura réussi à se faire attendre autant et à faire parler de lui avec si peu de choses à se mettre sous la dent. Mais rassurez-vous, Requiem en a bien sous la pédale avec une myriade d’éléments à apprécier que je vais vous décrypter sans me noyer dans le bain de sang qui vient repeindre un peu l’aspect "film noir" pour que tout ça ne soit pas trop terne au final.
En rouge et noir
Resident Evil Requiem commence donc comme dans un film noir avec son duo de personnages, Grace Ashcroft analyste au FBI et Leon S. Kennedy de la Division des Opérations de Sécurité intérieure (DSO), tous deux embarqués en parallèle dans une histoire d’armes bactériologiques pour laquelle Capcom vient étoffer le scénario d’un lore déjà bien fourni de la saga, ce qui ravira les documentalistes en herbe (documents consultables in-game only). Rapidement cependant, le film noir va tourner au cauchemar horrifique digne des plus grands films d’horreur qui ont déversé des hectolitres d’hémoglobine sur vos écrans mais pas que… Le stress de la peur addictive promise par le réalisateur Koshi Nakanishi va doucement mais sûrement vous envahir... (avec Grace surtout)
D’ailleurs j’en profite pour vous signaler que j’ai choisi dans les options de jeu de démarrer l’histoire principale en mode standard moderne avec la vue à la 3e personne pour les deux personnages, ce que je ne regrette pas car la vue TPS offre quand même une vue plus panoramique pour mieux appréhender les dangers avec Grace et vous évitera certainement beaucoup d’hurlements plutôt que de choisir la vue FPS (la recommandation de Koshi Nakanishi pour Grace).
Les autres choix sont les modes "facile" (visée automatique) et "standard classique" (avec rubans encreurs pour sauvegarder avec Grace). Le mode "Infernal" se débloque après l’achèvement de votre premier run et propose une relecture du jeu, la vraie valeur ajoutée à recommencer une partie. Rappelons qu’il est aussi possible de passer d’une vue à l’autre pour chaque personnage à n’importe quel moment de la partie en passant par le menu des options.
Grace Ashcroft, l'analyste du FBI livrée à elle-même
Vous débutez avec Grace Ashcroft (analyste au FBI et fille d'Alyssa Ashcroft, journaliste au Raccoon City Times assassinée) en tenue civile et équipée de son sac à dos qui se rend dans un hôtel abandonné de la ville de Wrenwood (sur les ordres de l’agent spécial du FBI Nathan Dempsey), où un corps en décomposition a été découvert, non loin de Raccoon City, tristement célèbre pour son incident viral de 1998.
Au cours de ses investigations, Grace se retrouve bien malgré elle au centre de soins de Rhodes Hill, propriété de Victor Gideon, ancien chercheur pour le compte de la société Umbrella, qui cherche à finaliser un projet décisif connu sous le nom de "ELPIS", dont Grace serait par ailleurs la clé.
Grace est une jeune femme timide et craintive, sans aucune expérience sur le terrain, ce qui fait d'elle le personnage idéal pour un jeu d'horreur. On ressent d’ailleurs bien sa peur au début.
Côté gameplay, elle aura des ressources limitées puisqu’elle doit se défendre des infectés grouillant dans le centre avec un simple pistolet de calibre 9mm, des bouteilles vides pour faire diversion, des couteaux pour se dépêtrer d’un infecté un peu trop collant (ils servent aussi à casser de petits objets) et des soins connus à base d’herbe verte ou de remède injectable qui restaure la vie entièrement. Heureusement pour elle, Grace bénéficie aussi du « Requiem » de Leon, véritable revolver à 5 cartouches de calibre 12.7 mm puissant et dévastateur mais pour lequel les munitions seront rares.
Elle trouve aussi en chemin un collecteur de sang qui sert à fabriquer toutes sortes d’objets utiles dont une arme redoutable capable de faire exploser les ennemis : l’injecteur hémolytique.
Pour fabriquer cette ressource en munition comme bien d’autres (à condition de trouver les recettes de fabrication lors de certaines énigmes), vous trouvez des objets parsemés dans le centre comme de la ferraille et des métaux rares. Grace peut aussi améliorer sa santé maximale (stéroïdes jaune - 4 graduations), son maniement des armes et leur puissance de feu (stabilisateur bleu - 4 graduations) et améliorer la capacité de réservoir du collecteur de sang grâce aux pièces antiques (de retour pour cet épisode). Leur usage est par contre réduit dans un endroit du centre et lorsque vous avez débloqué toutes les vitrines renfermant les précieux sésames d’amélioration, les pièces antiques que vous trouvez en trop ne vous servent plus à rien (pas même pour boire une bière à la pompe !), même lors de votre partie suivante.
Grace peut aussi casser des grands vases au sol avec son pied pour récupérer de quoi garder espoir.
À propos du collecteur de sang, vous remplissez ce dernier dans des flaques qui jonchent le carrelage du centre, dans des seaux de ménage, dans une baignoire, avec des poches de sang trouvées ou simplement sur des infectés que vous aurez terrassés, enfin le croyez-vous…
En parlant de la population locale du centre, ce sont des zombies errants qui se souviennent vaguement de ce qu’ils étaient ou ce qu’ils faisaient avant de passer de vie à trépas. À vous de voir quelle stratégie vous mettrez en place pour progresser…
La question cruciale de l’élimination justifiée (gourmande en ressources) ou le passage plus discret sans se faire remarquer se pose à de nombreuses occasions et c’est là que la tension monte d’un cran et que vous êtes tout heureux d’avoir pris la bonne décision avec ce gameplay qui vous est ici proposé pour continuer votre progression sans encombre. Et en cas d’erreur, comptez sur les infectés pour vous attaquer de différentes façons en lançant des objets, en plantant des ciseaux, en hurlant à vos oreilles… Bref, ils peuvent vous faire très mal et comme ils ont la fâcheuse tendance à vous poursuivre sur différents rythmes, je vous laisse imaginer le stress qui vous envahit pour chercher comment leur échapper alors.
Grace possède un inventaire à l’image de son sac à dos : petit. Ce qui vous amène à devoir bien le gérer dans un premier temps avant de mettre la main sur des sacoches qui viennent agrandir de deux cases à chaque fois le volume global de votre espace de stockage itinérant. Pour le reste, vous pouvez déposer dans les coffres communicants les objets encombrants ou à usage ultérieur.
Le tic de l’énigme !
Pas de Resident Evil sans énigmes, un fil rouge de la saga ! Elles sont somme toute classiques et simples à résoudre pour la progression des deux personnages. Notons celle du microscope laser et des échantillons de sang à examiner qui servent à la fabrication de diverses munitions et moyens de se défendre. Eléments clés pour progresser, vous devez comme traditionnellement dans un Resident Evil trouver et utiliser sans surprise des cartes d’accès, bracelets, clés de serrure, manivelle et volant de vanne. Les crochets eux, repris dans cet épisode, déverrouillent les tiroirs et casiers autrement inaccessibles, tandis que les coffres à combinaison lâchent ce qu’ils renferment.
Leon se taille sa propre part
Mais pas celle du Lion puisqu’il roule en Porsche Cayenne GT Turbo dans le jeu. Ce partenariat avec Porsche aurait d’ailleurs mérité plus d’attention in-game, mais vous comprendrez ce que je veux dire… (ou pas !)
Aux commandes de Leon S. Kennedy, préparez-vous à entrer ici dans une autre dimension de gameplay car Leon accentue toute sa puissance de frappe lors de ses combats que nous avons déjà tous pu apprécier dans RE:4. À cette évolution près que Leon peut à présent se saisir d’armes redoutables et les utiliser comme la tronçonneuse, ou bien se saisir de lances pour les projeter automatiquement sur les ennemis dès que l’occasion se présente. Ça découpe sec (même si l’animation d’un corps coupé en deux à la tronçonneuse reste censurée), ça empale sans bavure et ça ripoline les murs de sang comme jamais ! Ajouté à cela les ripostes à la hache (que vous devez aiguiser entre deux pour une efficacité optimale), et les finish au pistolet, au fusil, à la hache ou à l'attaque de mêlée pour éclater la tête des infectés, Requiem est sans aucun doute l’épisode le plus gore de toute la série.
De son côté, notre Hot Uncle en véritable VRP de la marque Resident Evil se déplace avec sa mallette XL que vous pouvez à loisir dans la partie lui donner la place XXL qu’elle mérite.
Pas de coffre de stockage donc pour Leon mais des coffres de marchandises dans lesquels vous pouvez dépenser les crédits récoltés au cours de vos affrontements (grâce au tracker tactique que trouve Leon dans le jeu) pour acheter de nouvelles armes, des munitions et objets de défense bienvenus. Ainsi qu’améliorer votre arsenal sur deux niveaux dans un premier temps en attendant de débloquer le niveau d’amélioration ultime pour chaque arme concernée. Des armes peuvent par ailleurs se voir renforcées de porte-bonheurs à dénicher dans le jeu. À noter que des modules communs ou rares que vous trouverez vous rapporteront des crédits au passage d’un coffre boutique. Côté alchimie Leon peut fabriquer ses munitions (pistolet, fusil, grenade) grâce aux poudres noires de petites et grandes tailles et de la ferraille.
Ce sera à lui que reviendra les affrontements contre la plupart des boss du jeu, étant donné son expérience de terrain incomparable à lutter contre les Armes Bio Organiques d’Umbrella. À ce propos, j’ai trouvé complètement forcé et inutile l’affrontement contre l’un d’entre eux. Comme si Capcom avait quelque chose à se faire pardonner auprès des fans de la licence concernant l’oubli de ce boss dans un des épisodes précédents. Je n’en dis pas plus…
Une Direction Artistique époustouflante
Parlons maintenant de l’aspect visuel de Resident Evil Requiem et de ses graphismes. Le moteur graphique RE Engine de Capcom continue à faire des merveilles. Ajouté à cela la collaboration de Nvidia apportant son savoir faire technologique pour sublimer les effets de lumières et d’ombres grâce aux effets DLSS4 et le Ray Tracing, et vous tenez là une claque graphique hors du commun que ce soit dans le gameplay ou au niveau des nombreuses scènes cinématiques. Tout est formidablement détaillé, y compris dans les ruines de Raccoon City : de la poussière de gravas aux mèches de béton armé, on se rend bien compte des dégâts qui ont été causés à la ville dans laquelle Leon fait son grand retour. Un petit bémol concernant ce que je redoutais de l’exploration d’un terrain dévasté comme Raccoon City : l’aspect gris et terne, marron terreux et rouillé des décors où tout est en ruine.
Mais heureusement l’équipe de développement a trouvé des stratagèmes pour rendre ce parcours agréable et parfois surprenant d’ingéniosité. Mais vous me connaissez à présent, je pense qu’il serait quand même temps de proposer autre chose qu’un circuit balisé avec des interactions minimalistes sur les décors dans un Resident Evil.
L’ambiance sonore n’est pas en reste, et comme je le fais à chaque fois, je ne peux que vous conseiller de jouer avec un casque sur les oreilles, vous m’en direz des nouvelles ! Du moindre cliquetis aux pas enchainés du monstre géant qui vous poursuit dans le centre de soins, des cris stridents aux grognements, des râles effrayants aux bris de verre, tout est fait pour vous maintenir en état d’alerte permanent et rares sont vos véritables moments de repos.
Reste la bande musicale, trop en retrait pour que tout soit parfait. Bien sûr le thème musical principal du jeu "Through the darkness" (musique Nao Sato et paroles Nao Sato et Jennifer O’donnel) interprété par Colin & Caroline vous restera gravé au moment de repenser à ce que vous venez de vivre avec Resident Evil Requiem et l’accompagnement musical de l’écran titre est aussi une parfaite réussite, tout comme (je suis obligé d’en parler) les arrangements musicaux que vous entendez dans le R.P.D. qui vous mettent un sentiment de nostalgie comme jamais.
Mais en dehors de ça, il faut bien avouer que le reste de la partition musicale ne propose plus de thèmes propres à chaque endroit reconnaissables aux premières notes entamées. Un certain bruitage aussi est un peu raté, comme ce cri qui fait plus penser au T-rex de Jurassic Park qu’autre chose.
Un mot sur le doublage des voix en français de bonne facture: c’est Anatole de Bodinat qui reprend le rôle de la voix de Leon S. Kennedy et Alice Orsat (Arya - Game of Thrones) qui incarne Grace Ashcroft. S’il est toujours intéressant pour la compréhension de l’histoire d’avoir la VF dans les jeux Resident Evil, il est toutefois à noter ici que les acteurs de motion capture qui ont incarné les scènes avec leur propre voix restituent une émotion bien plus palpable en VO.
Un Patchwork de 30 ans d’enfer
Vous l’aurez compris, l’équipe de Dev1 chez Capcom a repris énormément des bonnes idées prises dans absolument tous les épisodes numérotés (et certainement dans quelques spin-off) qui ont fait le succès de ces anciens épisodes. Mais heureusement, on évite la foire à la saucisse de Resident Evil 6. Ici tout a été pensé et pesé pour ne pas amener de surdosage qui aurait été nocif à la cohésion globale de cette œuvre unique et remarquable. Capcom aura surement analysé les remontées des fans à travers les divers sondages que la compagnie aime publier de temps à autre pour avoir un retour sur ses titres. Intéressant de voir que ce n’est pas juste pour se rassurer. Merci aussi à Capcom de nous avoir casé des easter eggs du plus bel effet.
Le centre de soins sanitaire de Rhodes Hill est un hommage au huis clos que l’on a pu rencontrer dans le manoir Spencer du premier épisode, Victor Gideon ayant lui-même pris soin de verrouiller les grilles de ce bâtiment pour être certain que vous puissiez vivre l’expérience ultime de cette "maison hantée" avec ces âmes fraichement zombifiées qui ont sombré dans une folie meurtrière. Mention spéciale ici aux Blister Heads qui font leur apparition, hommage appuyé aux claqueurs de The Last of us.
Je ne peux pas dire grand-chose sur la suite des lieux visités pour vous garder l’effet de surprise mais ce n’est pas un secret que de vous dire que Leon débarque à Raccoon City et se rendra entre autre au R.P.D.
Visiter ce lieu mythique de RE:2 reste un moment fort du jeu, empreint de nostalgie.
Pour la suite là encore, je ne veux rien vous révéler mais si vous avez bien regardé les différents trailers vous pouvez en déduire façon STROMAE que : « Qui dit Umbrella dit Labo, qui dit Labo dit expériences, qui dit expériences dit A.B.O., qui dit A.B.O. dit… (laissez libre court à vos intuitions)»
Quant au final dans un Resident Evil, c’est toujours une fin en apothéose et Requiem n’y fait pas exception.
Pour le meilleur ou pour le pire...
Mais mon plus gros regret reste l’absence d’un véritable "New Game +" une fois votre partie achevée. À la place de ça, votre deuxième partie se contente de déposer dans le coffre à objets (pour Grace) et dans la caisse de ravitaillement (pour Leon) , les armes et objets obtenus dans la section "contenu spécial" grâce aux points de complétion obtenus à la réalisation des défis proposés. Ce n'est pas la récompense que j'attendais !
Pour les bonus, vous retrouvez les traditionnels et sublimes "concept arts" qu'on ne cesse d'admirer tels des tableaux de l'ancien musée de Raccoon City et les modèles du jeu, mais aussi la partie personnalisation des personnages et des armes, ainsi que deux autres nouveautés que je vous laisse le soin de découvrir.
Conclusion
Resident Evil Requiem en colle plein les mirettes tellement tout explose en permanence à l’écran. Graphismes somptueux, bruitages d’enfer, gameplay alternant le terrain connu et l’innovation, scénario plus poussé que d’habitude, Capcom a tout mis en œuvre pour parfaire ce Requiem, composé spécialement pour les fans. Certes les nouveaux venus sur la franchise découvriront un jeu sublime qui leur donnera certainement envie de connaître l’histoire des anciens épisodes, mais Requiem a d’abord été pensé pour les fans… c'est une certitude !
Note Globale : 9/10
Testé par Hunk sur version Xbox Series X qui en a décidemment dans le ventre !
Durée de vie : une quinzaine d'heures lors d'un premier run
Plus loin : Lorsque vous débloquez le mode Démentiel, préparez-vous à une expérience de jeu intense (et renouvelée) pour les plus intrépides d’entre vous ! Tentez aussi d'être perspicace pour résoudre le défi de la dernière énigme pour les plus persévérants d’entre vous. Et n'oubliez pas de détruire tous les souvenirs "Mr. Raccoon". Impensable d'en laisser ne serait-ce qu'un sur le terrain, seul, en perdition